dimanche 26 janvier 2014

'Il Trionfo da Tavola', Musée du Verre, Murano

Coordonnées: 45°27'23"N 12°21'24"E
Les Trionfi da tavola sont de grands centres de table composés de nombreux éléments. Appelés Deseri à Venise, ils étaient très en vogue au XVIIIe siècle. Ils pouvaient être réalisés en verre, porcelaine, argent, cire, bois ou même sucre!
Ils ornaient les tables de grand banquet et pouvaient atteindre 8 m de longueur. Ils décrivaient des scènes historiques ou mythologiques. Celui conservé au Musée du Verre représente un magnifique jardin à l'italienne avec ses statues, colonnes, fontaines, arcs, pots de fleurs et broderies: une reproduction miniature et idéale des jardins des Villas vénitiennes.


 pour en savoir plus sur le musée: http://museovetro.visitmuve.it/

vendredi 24 janvier 2014

Cavoli!

Coordonnées: 45°26'02.45"N 12°20'35.83"E
J'aime beaucoup ces jardinières plantées de choux d'ornement (Brassica oleracea var. acephala). Simple, joli et efficace!



dimanche 19 janvier 2014

La Madone sur le Trône adorant l'Enfant Jésus, Fra Antonio Falier da Negroponte

Coordonnées: 45°26'17.14"N 12°20'52.62"E

Dans l'église de San Francesco della Vigna il y a un tableau qui m'a toujours fasciné: la Madone sur le Trône adorant l'Enfant Jésus de Fra Antonio Falier da Negroponte (c. 1470). C'est le seul tableau de cet artiste qui nous soit parvenu.
Ce grand tableau (300 x 235cm) est riche en symboles. Chaque élément de la faune et de la flore a une signification.
Tout d'abord le tableau a pour thème l'Hortus conclusus, une représentation que l'on retrouve dans l'iconographie de la fin du moyen-âge: un jardin clos où se trouve la Vierge et l'Enfant Jésus entourés par les Anges. 
Cette image est liée à une interprétation d'un passage du Cantique des cantiques: Hortus conclusus soror mea, hortus conclusus, fons signatus, (Elle est un jardin bien clos, ma soeur, ma fiancée, un jardin bien clos, une source scellée), le jardin clos comme symbole de la pureté de la Vierge.
Les roses sans épine symbolisent l'Immaculée Conception, la Vierge qui n'a pas été touchée par le péché originel.

Les oeillets, Dianthus, fleur de Dieu en latin, symbolisent la Passion du Christ. Cette image est liée à la forme de la fleur qui rappelle celle des clous de la Crucifixion.

Ce symbole est renforcé par les présence des chardonnerets se trouvant au-dessus des oeillets et représentant eux aussi la Passion.

Les violettes, situées au niveau de la balustrade, symbolisent l'humilité et la modestie.
La guirlande de fruits qui couronne le trône représente le Paradis, surmontée elle-même de la colombe, symbole du Saint-Esprit.

Le dessin du manteau de la Vierge semble faire apparaître des grenades, une idée renforcée par la couleur pourpre. En effet les grains serrés et unis sous une même écorce représentent l'union des fidèles soudés par une même foi, l'Église.
Une multitude de symbole reste à décrypter, vos éventuelles suggestions seront les bienvenues.
source photo: http://www.savevenice.org/restorations/restoration-single-work/?post=1228

mardi 14 janvier 2014

En attendant l'hiver!

En attendant l'hiver!
Capucines et pétunias en fleurs
Rio dei Carmini, mardi 14 janvier 2014


lundi 9 décembre 2013

Le Jardin Bizarre, Henri de Régnier

Le jardin bizarre est un des chapitres du livre d'Henri de Régnier (1864-1936) Esquisses vénitiennes, publié en 1906.
Bonne lecture!

Le jardin bizarre

 Ce n'est pas seulement une ville de marbre et d'eau. Elle a ses jardins, dont la verdure enclose prend je ne sais quoi de plus rare et de plus inattendu qu'ailleurs. Ils sont discrets et mystérieux, à l'abri des murs qui les protègent et n'en laissent dépasser que la cime d'un arbre ou la pointe d'un cyprès. Je ne les connais pas tous, ces jardins de Venise, mais j'en sais quelques-uns de délicieux. Il y a celui des Incurables, sur les Zattere, avec son long mur rouge égayé d'Amours joufflus dont l'un a une couronne et une barbe de glycines. Il y a le jardin Vendramin, qui regarde le Grand Canal à travers sa porte grillée. Il y a celui du Palais Venier, qui s'avance sur l'eau par sa double terrasse à balustres et qui est orné de deux figures rustiques et de ces corbeilles tressées où sont sculptés des fruits de pierre.

 Certains se cachent et se dissimulent plus sournoisement. Il faut les chercher à l'écart, parmi les détours de la ville inextricable, dans ses quartiers éloignés. Je me souviens d'un de ceux-là, dont je ne sais plus le nom, du côté de San-Sebastiano, habité de vieilles statues décrépites qui furent des héros et des dieux. Je crois, si je ferme les yeux, te revoir encore, toi, petit jardin à l'abandon du Palais Gradenigo, et vous, cher jardin du Palais Cappello!... J'y ai passé la fin d'une belle journée. Il est long et étroit et aboutit à une sorte de portique à colonnes palladiennes. De maigres fleurs parfumaient les plates-bandes et, dans l'une d'elles, un grenadier gonflait ses grenades, éclatées et mûres, et je m'y suis promené si lentement qu'il me semble y avoir vécu des années et des années...

 C'est le jardin de Venise que j'aimerais peut-être le mieux, si je ne lui préférais encore celui du Palais Dario, qui est exactement carré et que des allées partagent avec régularité. Des femmes engainées y supportent une treille: elles ont des figures grasses et joyeuses, de gros seins, des ventres larges dont le nombril est bien marqué dans le bois où elles sont taillées. Fièrement, elles soutiennent les ceps, les feuilles, les pampres, les grappes. Là-bas, une fontaine coule dans une cuve de marbre, et son bruit surcharge et semble faire déborder le silence auquel il s'ajoute, goutte à goutte.

Il y a bien d'autres jardins encore à Venise. Je n'oublierai jamais celui que dans la Giudecca on aperçoit, de la lagune, avec ses bosquets et ses cyprès. J'y ai pénétré une fois. Il est très grand et très silencieux et l'on y peut marcher longtemps. On y respire le vent de la mer; on a envie d'y penser tout haut et l'on y chanterait presque à voix basse, tandis que devant celui dont je vais vous parler, on se tait pour mieux en sentir la surprise. Oh! le jardin bizarre! En est-il de plus étrange et peut-être de plus mélancolique en sa vaste petitesse? Sa singularité égale sa complication. Il se compose de parterres symétriques, d'allées qui les terminent et d'innombrables petits vases d'où jaillissent des fleurs minuscules. Il est enfantin et éternel et il n'a point de saisons, parce qu'il est tout entier fait en verre, en verre de toutes les couleurs, - selon qu'il imite un gazon, une colonne, une rose ou une fontaine,- et c'est des yeux que l'on se promène dans sa ridicule et charmante merveille qui amuse maintenant les visiteurs du Musée, comme jadis, sur la table patricienne où il servait de surtout, il distrayait les regards des nobles dames de Venise par son artifice délicat, fragile et saugrenu.

pour en lire plus: Esquisses vénitiennes

mercredi 4 décembre 2013

Le Jardin de Palazzo Soranzo Cappello début décembre

Coordonnées: 45°26'22"N 12°19'26"E
 J'avais déjà parlé l'année dernière de ce beau jardin (les-jardins-de-palazzo-soranzo-cappello). J'y suis revenu ce matin. La lumière était magnifique. Les arbres avaient perdu leur feuillage. Seuls quelques arbustes dorés éclairés les zones d'ombres. Les deux kakis à l'entrée, croulés encore sous le poids de leurs fruits: une présence sympathique dont l'intense couleur orange réchauffée cette froide matinée d'hiver!
Un jardin à voir et à revoir sans modération et en toutes saisons...







jeudi 28 novembre 2013

Le parc de San Giorgio Maggiore

Coordonnées: 45°25'38"N 12°20'40"E
C'est en 790 que l'on construit une petite église dédiée à San Giorgio (Saint Georges) sur ce que l'on appelait l'île des cyprès. En 982 on y fonde un monastère bénédictin sur le modèle de l'Abbaye de Saint Michel de Cuxa (Cordalet, France). Entre le seconde moitié du XVIe et le début du XVIIe siècle différents architectes ( dont Palladio et Longhena) oeuvreront à réaliser les magnifiques bâtiments que nous connaissons aujourd'hui.
Pendant l'occupation française et autrichienne le monastère est fermé et l'île est transformée en caserne militaire et en zone franche. C'est en 1954 que l'Etat italien donne en concession l'île désormais abandonnée à Vittorio Cini pour y installer la Fondation Giorgio Cini en mémoire de son fils prématurément disparu.
Le parc de 4 hectares est alors réaménagé et agrandit. On y construit le Teatro Verde (architectes Luigi Vietti et Angelo Scattolin), un théâtre en plein air inspiré aux teatri di verzura que l'on trouvait dans les jardins des Villas de la Renaissance.

Aujourd'hui le parc offre une végétation luxuriante composée essentiellement d'essences à feuillage persistant. De longues allées délimitent des bosquets denses qui bloquent les perspectives et rendent ainsi l'espace plus ample et profond.
Un très bel endroit où règne la tranquillité et qui invite à la méditation.




 pour en savoir plus: http://www.cini.it/
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